Burundi : Eirene Grands Lacs renforce les capacités de ses équipes de projets sur la Paix environnementale et climat

La Coordination régionale d’EIRENE Grands Lacs a organisé à Gitega au Burrundi du 3 au 5 novembre 2026, un atelier de renforcement des capacités des équipes de ses projets sur le concept Paix environnementale et climat.
Les participants de cet atelier sont venus d’Uvira, au Sud-Kivu en RDC, de Bujumbura et de Gitega au Burundi, tous des chefs des équipes de projets ; animateurs communautaires, et le responsable de l’organisation partenaire, SYMUF basé à Uvira en RDC. Cette activité de formation s’inscrit dans le programme régional d’EIRENE Grands Lacs, « Les femmes et les Hommes, ensemble, se développent dans leurs communautés » (FeHoDeCo). Le concept Paix environnementale et climat est une thématique transversale à l’ensemble des cinq organisations de mise en œuvre du programme. Il s’agit de : Synergie des Médias pour l’Union des Forces -Maison de la Presse (SYMUF-MP), Femmes Artisanes de la Paix (FAP) en provenance d’Uvira en RDC ; CHIRO-Burundi, Maison de la Presse du Burundi (MPB) et l’Association burundaise des Femmes Journalistes (AFJO).
Durant trois jours, les participants ont appris des connaissances sur la Paix environnementale et climat, notamment sur les concepts et principes de changement climatique, l’économie circulaire, les ressources naturelles et dynamiques de conflits, la gouvernance environnementale et le développement des initiatives locales de paix environnementale et climat.
Selon notre source, la paix environnementale désigne une situation où la protection de l’environnement à travers les ressources naturelles, contribue à prévenir les conflits, à réduire les tensions et à construire une coopération durable entre les communautés ou les pays.
Au dernier jour de cet atelier, les chefs des projets, animateurs communautaires et points focaux des organisations partenaires dans le programme FeHoDeCo, ont été appelés à transformer les conflits liés aux effets environnementaux pour promouvoir une paix environnementale dans leurs projets et pays respectifs.

D’après, le formateur du jour, l’Ingénieur (Ir.) Innocent Banigwaninzigo, expert et chercheur dans le domaine de l’environnement, plusieurs facteurs alimentent actuellement les conflits environnementaux dans la région des grands lacs, c’est notamment les ressources naturelles.
L’Ir. Innocent Banigwaninzigo, précise que pour parle de la paix ou conflit environnemental, il faut nécessairement qu’il ait la présence de l’élément ressource naturelle et une ou plusieurs communautés en action. Lorsque ces ressources contribuent aux initiatives des communautés, à la cogestion ou à la participation citoyenne, on parle de la paix environnementale.
Pour contribuer à une paix environnementale plus durable, trois stratégies doivent être mises à contribution, il s’agit d’abord de la prévention, la gestion et la transformation pour changer les causes profondes en solutions.
‘’Dans une communauté où les ressources sont disponibles, les membres de la communauté doivent décider soit de prendre les ressources comme élément rassembleur et participer à une paix environnementale ou alors ces mêmes ressources deviennent source de division et alimentent des conflits qui peuvent à la longue tourner en violences’’, précise Innocent Banigwaninzigo.
Au cours de cet atelier, le Coordinateur régional d’EIRENE, Monsieur Tao Goulah Vairoukoye, a invité les organisations partenaires à mettre en pratique les notions abordées et les connaissances acquises afin de produire des effets positifs dans leurs projets respectifs. Il a souligné que la paix environnementale renforce la cohésion sociale et contribue au développement durable. À cet effet, il a encouragé les participants à mobiliser les communautés, à chaque occasion, pour prévenir les effets néfastes et les conflits liés à l’environnement.
‘’Cette formation sur la paix environnementale n’a pas été organisée uniquement pour informer sur cette thématique d’actualité. Elle vise surtout à appeler les animateurs de projets à intégrer cette approche dans la mise en œuvre de leurs activités, d’autant plus que la paix environnementale et le climat sont des thèmes transversaux dans tous les projets du programme FeHoDeCo dans la région des Grands Lacs’’, a déclaré le coordinateur, Tao Goulah Vairoukoye.
De son côté, le directeur général de la SYMUF-MP, Aubert Mwibakecha qui a participé à cette formation dans le cadre du projet Médias, Paix, Genre et Environnement (MPGE), estime que cet atelier arrive à point nommé dans une région confrontée par plusieurs défis environnementaux, liés notamment à l’accès aux terres cultivables, à l’eau, ainsi qu’à la gestion des ressources minières.
Aubert Mwibakecha souligne que la ville d’Uvira, où le projet MPGE est mis en œuvre, fait également face à d’importants défis liés au climat. Il cite notamment les inondations, le débordement du lac Tanganyika et la pollution de ses eaux, des problèmes qui peuvent parfois être à l’origine de tensions entre les communautés.
‘’Parler de paix environnementale et du climat, exige aujourd’hui une bonne connaissance du contexte et une expérience de terrain. Une mauvaise analyse des conflits liés à l’environnement peut nous empêcher de contribuer à leur résolution’’, note le directeur, Aubert Mwibakecha.
La chargée du projet Médias pour le développement inclusif des communautés (MeDIC) au sein de l’Association des Femmes Journalistes burundaises (AFJO), Madame Yolande Nintunze, participante à cet atelier de formation, s’est engagée à partager les connaissances acquises dans sa zone d’intervention, à travers le principe de la « tâche d’huile ».
‘’Aujourd’hui, je comprends que les membres de nos communautés doivent participer activement à toute initiative en faveur de la paix environnementale et climat. Cette démarche inclusive doit associer les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec un handicap, les peuples autochtones et les autres groupes marginalisés. Elle contribue à la non-violence, à la réduction des conflits et à la médiation, autant de leviers pour une paix durable. Je comprends également que les médias accompagnés par nos projets doivent être mobilisés afin de produire des contenus qui favorables à la paix environnementale‘’, s’engage la cheffe de projet MeDIC, Madame Yolande Nintunze.
Cette activité a réuni 27 personnes venues de régions différentes et s’est tenue à l’hôtel Sunrise de Gitega au Burundi.
© Jean Marie Murhula Corneille
Pour le bureau de communication SYMUF-MP
