Uvira, RDC – 27 octobre 2025 | Dans l’auditorium de la mairie d’Uvira, connu sous le nom de Salle de la Femme, s’est tenu ce lundi le lancement officiel du projet d’appui à la relance socio-économique des populations vulnérables affectées par les crises humanitaires dans les territoires d’Uvira et Fizi. Soutenu par la Coopération suisse (DDC) et mis en œuvre par l’Association pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Féminin (APEF), ce programme vise à restaurer durablement les moyens de subsistance des ménages fragilisés par les conflits, les catastrophes naturelles et l’insécurité chronique.
Une mobilisation institutionnelle forte
La cérémonie a réuni un panel d’autorités locales et provinciales, dont le ministre de la Justice, des Droits humains, du Genre, de la Famille et des Personnes vivant avec handicap, Son Excellence Faustin Mayani, deux députés provinciaux, des représentants du ministère de l’Agriculture, ainsi que des leaders communautaires et des partenaires techniques.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Faustin Mayani a souligné l’urgence et la pertinence du projet :
« Ce programme n’est pas seulement une réponse aux besoins immédiats, il est une promesse pour les générations futures. Nous devons en faire un modèle de durabilité et de solidarité. »
Il a également mis en lumière les défis structurels du secteur agricole dans la région, notamment le manque d’intrants, les effets du changement climatique, et la vulnérabilité accrue des femmes rurales :
« L’agriculture emploie plus de 70 % de la population, dont 43 % de femmes. Pourtant, elles n’ont pas accès à la propriété foncière, ce qui les rend encore plus vulnérables. »
Un projet structurant et inclusif
Le chargé de suivi et évaluation du projet chez APEF, Monsieur ASANI MAKUTUBU a présenté les grandes lignes de l’intervention :
- Appui à 580 ménages agricoles pour reconstituer leurs moyens de subsistance
- Renforcement de 14 unités de production et 275 membres d’associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC)
- Mise en place de champs-écoles pour la formation agroécologique à Luvungi, Fizi-centre et Baraka
- Soutien à des activités génératrices de revenus dans la savonnerie, la coupe-couture, la broderie et l’agriculture
« Ce projet est une réponse aux crises humanitaires qui ont désorganisé le tissu socio-économique local. Il vise à redonner aux communautés les moyens de produire, de se nourrir, et de se reconstruire dans la dignité », a-t-il affirmé.
Des attentes fortes du terrain
L’honorable député provincial BISIMWA SINDERI Théophile, élu d’Uvira, a salué l’initiative tout en appelant à une exécution rigoureuse :
« Nous avons vu trop de projets bien intentionnés qui ne touchent pas réellement les bénéficiaires. Ce projet doit être pragmatique, aller au cœur des besoins, et ne pas rester un simple effet d’annonce. »
Il a insisté sur l’importance des AVEC dans la vie quotidienne des familles :
« Nos mamans scolarisent et nourrissent leurs enfants grâce aux AVEC. Leur inclusion dans ce projet est essentielle. »
Un geste fort : distribution symbolique des intrants
Moment fort de la cérémonie, une distribution symbolique d’intrants agricoles a été effectuée par le ministre Faustin MAYANI, accompagné des autres autorités présentes. Ce geste a marqué le démarrage concret des activités du projet et a été salué par les bénéficiaires comme un signe d’engagement réel.
Une collaboration technique recommandée
Le technicien ZAWADI MATOTO Luther, représentant de l’inspecteur agricole, a rappelé que la réussite du projet dépendra aussi de la collaboration avec les services techniques de l’État :
« Vous venez appuyer les efforts du gouvernement. Il est crucial d’impliquer les services techniques dès la sélection des bénéficiaires jusqu’à l’appui effectif. »
Une cérémonie conviviale et porteuse d’espoir
Après les interventions, les participants ont partagé un cocktail, moment de convivialité qui a permis de renforcer les liens entre les différents acteurs et d’échanger sur les perspectives du projet.
Vers une appropriation durable
Au-delà du lancement, tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de pérenniser les acquis. Le ministre Faustin MAYANI a conclu en ces termes :
« Nous encourageons que les bénéficiaires s’approprient les acquis de ce projet afin que la nourriture ne manque plus dans les territoires d’Uvira et Fizi. »
Ce projet, porté par APEF avec l’appui de la DDC, s’inscrit dans une dynamique de résilience et de reconstruction locale. Il incarne une vision de développement où les communautés sont au centre, les femmes sont valorisées, et la durabilité est une exigence, pas une option.
Par Sh. Landry Davids – Chargé des Productions SYMUF





