
Uvira, Sud-Kivu – 27 juin 2025
L’organisation SYMUF a animé vendredi une émission-débat publique sur la suspension soudaine des travaux de la Route Nationale 5 (RN5) à Uvira. Initialement prévue avec le Vice-gouverneur et le directeur de l’entreprise EIS-EKA, l’émission a dû composer avec des absences de dernière minute : l’entrepreneur a invoqué une urgence imprévue, tandis que l’autorité provinciale était représentée par son porte-parole, le ministre LUGANYWA BASHIZI KABI Didier.
Contexte : Un espoir fragilisé
Le projet de réhabilitation de la RN5 – vitale pour désenclaver Uvira et reliant la ville à Bukavu – avait suscité un optimisme rare dans une région habituée aux promesses infrastructureuses non tenues. Son arrêt brutal le 13 juin a ravivé les craintes d’un nouvel échec.
Comme l’a révélé un micro-trottoir de la SYMUF diffusé durant l’émission : “Ce chantier symbolisait enfin du concret”, résumait un habitant.
Bien que la route demeure opérationnelle, la population redoute un retour aux années de stagnation et une dégradation progressive de ce chantier qui aurait aussi un impact sur l’économie locale.
Responsabilités des uns et des autres
Le débat a cristallisé les tensions sur la répartition des rôles. Le porte-parole provincial LUGANYWA BASHIZI a immédiatement circonscrit le mandat local en désignant que le gouvernement provincial n’assure qu’un rôle de suivi et plaidoirie. La maîtrise d’ouvrage et le financement relèvent exclusivement des institutions centrales à Kinshasa. Il a néanmoins tenu à rassurer l’audience que la reprise des travaux est envisageable.
La société civile exige des actes tangibles
Face à cette position, MAFIKIRI MASHIMANGO (Nouvelle Société Civile) a opposé une réalité vécue :
« Les autorités nous servent des “bientôt” sans suite. Si le gouvernement central affirme sa volonté d’achever la RN5, Si le gouvernement central est décidé, pourquoi aucun délai clair n’est communiqué ? »
Son intervention a souligné l’écart entre les discours officiels et l’urgence vécue par les populations.
Une attente sous tension
Aucun calendrier concret n’a émergé des échanges. La société civile a exigé des “actes visibles plutôt que des assurances”, tandis que le micro-trottoir illustrait l’impatience croissante. L’émission s’est close sur un appel à la transparence, la SYMUF rappelant l’impératif de “solutions tangibles pour cette artère économique”.





