Plus qu’un retour à l’antenne, nous parlerons d’une renaissance. Sur l’île d’Idjwi, au Sud-Kivu, la Radio Communautaire et Associative Kalinga (RCKA) a traversé cinq mois de silence, foudroyée en janvier, avant d’allumer de nouveau ses micros — plus solides, plus endurants, plus utilement ancrés.
Après la longue panne, la station repart sur des fondations techniques entièrement réhabilitées. Un pylône de 30 mètres a été érigé, la cabine technique renouvelée, et des équipements neufs assurent désormais une diffusion continue 24h/24. La bascule énergétique est stratégique : 15 panneaux solaires de l’Ambassade de Suède, renforcés par 8 panneaux additionnels via la Coopération suisse (DDC) et la SYMUF, sécurisent l’autonomie. Pour Albert Koko Chinyabuguma, directeur de la RCKA, cette visite de suivi n’est pas qu’un geste technique : “C’est un signe d’amour et de fraternité,” dit-il, rappelant l’esprit communautaire au cœur du projet.
Figure : de Gauche à droite, ancien pylône ; le pylône érigé par l’appui de l’ambassade de suède, et les Kits du studio rénové grâce à l’appui de la DDC, via la SYMUF
La présence de Francis Bahoza, chef de projet à la SYMUF pour « Amélioration de la gouvernance locale, de la participation citoyenne et renforcement de la cohésion sociale au Sud-Kivu à travers les médias communautaires de proximité », acte une relance responsable : celui d’évaluer, d’accompagner et de porter les défis auprès des bailleurs. Il a salué la motivation de l’équipe RCKA et le leadership local, tout en fixant l’ambition d’étendre la couverture, jusqu’à envisager, à terme, une télévision communautaire. Face aux besoins exprimés — soutien institutionnel pérenne, moyens de mobilité, capacitation continue — il assure : “Nous prendrons bonne note et continuerons à plaider.”
Les journalistes, reconnaissants mais lucides, rappellent que la technique ne suffit pas sans compétences et minimum de moyens. L’objectif est clair : faire de l’antenne un service public vivant, au quotidien. “Même avec des murs neufs, sans capacitation, il n’y aura que du silence,” souligne l’un d’eux, en appelant à des formations régulières et à une base salariale pour tenir dans la durée.
À la SYMUF, ce travail en cours dans le territoire d’Idjwi s’inscrit comme un jalon supplémentaire dans le combat mené depuis plusieurs années pour renforcer l’action des organisations de presse et soutenir les plaidoyers en faveur d’un climat propice. Un climat qui permette aux professionnels des médias d’exercer dans des conditions dignes, afin d’informer, de relier et d’apaiser les populations de cette partie de l’Est du pays déjà profondément éprouvée. Voilà, en substance, ce que raconte ce projet.
Par le Chargé des productions
Sh. Landry Davids





